RÉSIDENCE : C’EST LA FÊTE !
Magali Mougel / Thibaut Wenger

Crédit : Mélanie Wenger
QUEL EST LA NATURE DES RAPPORTS
QU’INDUISENT ET IMPOSENT DON ET DETTE ENTRE
LES GÉNÉRATIONS ?
Le texte retrace l’histoire de Denys et de sa mère, Elie. Tout commence par l’annonce d’une fête familiale organisée autour du grand-père, ancien boucher, désormais malade. Cette invitation réveille chez Elie un passé traumatique, marquée par une violence familiale sourde, une enfance sans légéreté ni fêtes, dominée par l’autorité paternelle, le travail forcé, les banquets sans joie, puis la mort de sa mère et l’arrivée de Réjane, infirmière devenue compagne de son père. Elie porte le poids d’abus, de non-dits et d’une trahison intime que sa famille nie. Mère célibataire, elle lutte pour protéger Denys de cet héritage toxique. La fête devient alors un lieu de confrontation finale. Denys, observateur lucide et précoce, affronte symboliquement son grand-père et refuse d’hériter de sa violence. Cette réunion marque moins un adieu qu’une tentative de libération.
Ce projet naît d’une phrase entendue par Magali lors d’un atelier mené avec des élèves en formation professionnelle : « Je me sens redevable, j’ai une dette envers mes parents. » Cette formulation, répétée, révèle une conception profondément ancrée des relations familiales comme rapports de créanciers et de débiteurs. Comme si engendrer revenait à investir, aimer à compter, transmettre à exiger un retour. Comme si l’amour était conditionné à la réussite et au remboursement. À partir de ce constat, elle a engagé une recherche au long cours autour de la notion de dette — économique, morale, affective — à travers des entretiens avec des professionnel·les de la finance, du soin, du social, de la recherche, mais aussi avec des parents et des adolescent·es. Partout, la dette apparaît comme un principe organisateur du lien, traversant jusqu’aux zones les plus intimes des existences.
La pièce s’inscrit dans ce questionnement. À travers l’histoire d’Elie et de son fils Denys, elle met en scène les effets délétères d’une transmission fondée sur l’obligation, le silence et la culpabilité. La figure du père, patriarche vieillissant, fait écho au Roi Lear de Shakespeare : un homme qui confond don, pouvoir et amour, et dont la transmission devient une épreuve de loyauté.
Le repas de famille, la fête, l’héritage annoncé deviennent alors des lieux de révélation et de violence. En convoquant Lear comme palimpseste, la pièce interroge ce que la dette fait aux corps, aux filiations et aux générations, et tente d’ouvrir un espace où se penser autrement que sous le régime du dû.
Ecriture Magali Mougel Jeu Philippe Annoni, Nina Blanc, Lena Dia, Thierry Hellin, Geneviève Pasquier, Martin Villemonteix, Joséphine de Weck Scénographie et Costumes Maude Bovey, Claire Schirck, Construction Le Râtelier Musique et sons Thomas Caillou, Grégoire Letouvet, Geoffrey Sorgius Lumières Ijjou Ahoudig Assistanat mise en scène Mahi Hadjammar Administration Opus 89 Laetitia Albinati – Minuit pile Administration Premiers Actes Patrice Bonnafoux Mise en scène Thibaut Wenger
Production Premiers actes & Opus89 Coproduction Equilibre-Nuithonie-Fribourg; La Filature, scène nationale de Mulhouse – Comédie de Colmar, CDN Grand Est Alsace – Espace 110, scène conventionnée d’Illzach – Théâtre La Coupole / Saint-Louis dans le cadre de Scènes d’automne en Alsace ; Théâtre Océan Nord, Bruxelles ; le Centre des arts scéniques ; La Coop et Shelter prod.
Avec le soutien du Ministère de la Culture / DRAC Grand Est, de la Région Grand Est, de l’Etat de Fribourg, de la Loterie Romande, du Gouvernement fédéral belge, de la COCOF (Fonds d’acteurs), de la SPEDIDAM, de la Corodis, des fondations Vincent Merkle, Anne-Marie Schindler, Jan Michalski, de la Fondation Philantropique Famille Sandoz et de Sodalitas. Accueil en résidence: Théâtre du peuple Maurice Pottecher à Bussang.
Partenaires Fondation Jan Michalski, Fondation Philantropique Famille Sandoz, Sodalitas.
