C’EST LA FÊTE
Magali Mougel / Thibaut Wenger
15 > 26.09 2026
Durée 1:20
À partir de 16 ans

Crédit : Mélanie Wenger
QUELLE EST LA NATURE DES RAPPORTS
QU’INDUISENT ET IMPOSENT DON ET DETTE ENTRE
LES GÉNÉRATIONS ?
Une envie de faire table rase de tout ce qu’on a accepté par le passé.
Le texte retrace l’histoire de Denys et de sa mère, Élie. Tout commence par l’annonce d’une fête familiale organisée autour du grand-père, ancien boucher, désormais malade. Cette invitation réveille chez Elie un passé traumatique, marquée par une violence familiale sourde, une enfance sans légéreté ni fêtes, dominée par l’autorité paternelle, le travail forcé, les banquets sans joie, puis la mort de sa mère et l’arrivée de Réjane, infirmière devenue compagne de son père. Élie porte le poids d’abus, de non-dits et d’une trahison intime que sa famille nie. Mère célibataire, elle lutte pour protéger Denys de cet héritage toxique. La fête devient alors un lieu de confrontation finale. Denys, observateur lucide et précoce, affronte symboliquement son grand-père et refuse d’hériter de sa violence. Cette réunion marque moins un adieu qu’une tentative de libération.
Ce projet naît d’une phrase entendue par Magali lors d’un atelier mené avec des élèves en formation professionnelle : « Je me sens redevable, j’ai une dette envers mes parents. » Cette formulation, répétée, révèle une conception profondément ancrée des relations familiales comme rapports de créanciers et de débiteurs. Comme si engendrer revenait à investir, aimer à compter, transmettre à exiger un retour. Comme si l’amour était conditionné à la réussite et au remboursement. À partir de ce constat, elle a engagé une recherche au long cours autour de la notion de dette — économique, morale, affective — à travers des entretiens avec des professionnel·les de la finance, du soin, du social, de la recherche, mais aussi avec des parents et des adolescent·es. Partout, la dette apparaît comme un principe organisateur du lien, traversant jusqu’aux zones les plus intimes des existences.
La pièce s’inscrit dans ce questionnement. À travers l’histoire d’Élie et de son fils Denys, elle met en scène les effets délétères d’une transmission fondée sur l’obligation, le silence et la culpabilité. La figure du père, patriarche vieillissant, fait écho au Roi Lear de Shakespeare : un homme qui confond don, pouvoir et amour, et dont la transmission devient une épreuve de loyauté.
Le repas de famille, la fête, l’héritage annoncé deviennent alors des lieux de révélation et de violence. En convoquant Lear comme palimpseste, la pièce interroge ce que la dette fait aux corps, aux filiations et aux générations, et tente d’ouvrir un espace où se penser autrement que sous le régime du dû.
Diplômé de l’Insas en 2010, Thibaut Wenger (1985) a déjà mis en scène deux fois Tchekhov (La Cerisaie, au Théâtre Varia, et Platonov, au Théâtre Océan Nord), mais aussi Ibsen, Marivaux, Büchner, Müller, Labiche, Koltès, Kleist… Une indéniable passion pour le répertoire. « Si j’en avais la possibilité, j’en ferais matin, midi et soir », sourit le fondateur de la compagnie Premiers Actes, qu’il codirige avec Nina Blanc. Depuis les Vosges alsaciennes, la compagnie inscrit aussi son travail « in situ », en travaillant avec des amateur·ices notamment en situation de handicap mental, pour des spectacles donnés au grand air, en forêt.
À l’écoute des failles intimes et collectives, Magali Mougel (1982) écrit là où le théâtre rencontre les fractures du réel. Lauréate du Grand Prix de littérature dramatique 2024 pour « Lichen », distinction majeure en France, elle revendique une poésie dramatique attentive aux existences déplacées, précaires ou assignées. « Lorsqu’on ne trouve pas sa place dans le monde tel qu’il est, on essaie de trouver des outils », confie-t-elle. L’écriture est pour elle l’un d’eux. Ses textes, traversés par les violences sociales autant que par des élans d’émancipation, cherchent à « faire émerger de la conscience politique ».
Écriture Magali Mougel Mise en scène Thibaut Wenger Jeu Philippe Annoni, Nina Blanc, Lena Dia, Thierry Hellin, Geneviève Pasquier, Martin Villemonteix, Joséphine de Weck Scénographie et costumes Maude Bovey, Claire Schirck Construction Le Râtelier & Manage Le Pôle de mutualisation de services et ressources techniques Musique et sons Thomas Caillou, Grégoire Letouvet, Geoffrey Sorgius Vidéo Mali Arun Lumières ljjou Ahoudig Assistanat mise en scène et dramaturgie Mahi Hadjammar & Emilie Maréchal Stagiaire scénographie Telma Duhau Stagiaire mise en scène Selma Robert Régie Lumières ljjou Ahoudig Régie son Geoffrey Sorgius Administration Opus 89 Laetitia Albinati – Minuit pile Administration Premiers Actes Patrice Bonnafoux Photos du spectacle Mélanie Wenger
Production Premiers actes & Opus 89Production Premiers actes & Opus 89 Coproduction Equilibre-Nuithonie-Fribourg ; La Filature, scène nationale de Mulhouse ; Comédie de Colmar, CDN Grand Est Alsace ; Espace 110 – Centre Culturel d’Illzach • Scène conventionnée d’intérêt national « art et création » ; Théâtre La Coupole, Saint-Louis ; Théâtre Océan Nord ; Le Centre des arts scéniques ; La Coop asbl ; Shelter Prod. Soutiens DRAC Grand Est ; Région Grand Est ; État de Fribourg ; Collectivité européenne d’Alsace ; Loterie Romande ; Corodis ; Fondation Jan Michalski; Fondation Philantropique Famille Sandoz; Sodalitas; Fondation Vincent Merkle ; Fondation Anne-Marie Schindler; taxshelter.be, ING, Tax Shelter du Gouvernement Fédéral Belge, COCOF ; ADAMI ; SPEDIDAM ; Fonds SACD Théâtre. Accueil en résidence Théâtre du Peuple Maurice Pottecher à Bussang, Nuithonie/Equilibre à Fribourg et La Filature, scène nationale de Mulhouse dans le cadre du programme de coopération Région Grand Est – Etat de Fribourg.
CALENDRIER & BILLETTERIE
MA 15.09 20:00 > TICKETS
ME 16.09 19:00 > TICKETS
JE 17.09 13:30 > TICKETS
VE 18.09 20:00 > TICKETS
SA 19.09 18:00 > TICKETS
MA 22.09 20:00 > TICKETS
ME 23.09 19:00 + BORD DE SCÈNE en compagnie de l’équipe artistique et de Mélanie Wenger > TICKETS
Après la représentation de C’est la fête, rencontre avec Thibaut Wenger, metteur en scène de C’est la fête et Mélanie Wenger, photographe, dont les portraits de Broken Silence sont exposés sur les murs du théâtre. Iels sont aussi frère et sœur, et vont se retrouver ce mercredi autour du spectacle et de l’exposition. D’un côté une fête de famille qui fait remonter ce qui avait été enfoui, de l’autre des images patientes qui brisent le silence. Un échange de trente minutes animé par Olivier Boudon autour du temps, de la lumière et de leurs démarches artistiques.
JE 24.09 20:00 > TICKETS
VE 25.09 20:00 > TICKETS
SA 26.09 18:00 > TICKETS
Il est également possible de réserver par mail à billetterie@oceannord.org ou par téléphone au 02/216 75 55.
TOURNÉE
JE 08.10 19:00 LA FILATURE
VE 09.10 20:00 LA FILATURE
ME 13.10 20:00 LA COUPOLE
JE 15.10 19:00 COMÉDIE DE COLMAR
VE 16.10 20:00 COMÉDIE DE COLMAR
ME 04.11 Nuithonie (Fribourg)
JE 05.11 Nuithonie (Fribourg)
VE 06.11 Nuithonie (Fribourg)
EXPOSITION « Broken Silence » par Mélanie Wenger
Durant toute la durée des représentations dans le bar du Théâtre Océan Nord
Mélanie Wenger est une photographe documentaire française et cofondatrice du collectif Inland. Exploratrice pour National Geographic, elle réalise des reportages au long cours mêlant photographie, son et vidéo. Diplômée en lettres et en journalisme, elle a collaboré avec de nombreux médias internationaux. Son projet Broken Silence est né de la rencontre avec une jeune femme zimbabwéenne enceinte à la suite d’un viol. Touchée par son témoignage de souffrance et de résilience, elle a entrepris une enquête sur les violences sexuelles à travers neuf pays. Le projet s’appuie sur des recherches et des témoignages de survivant·es issu·es de différents contextes sociaux et culturels. Il met en avant leur force et leur capacité à se reconstruire au-delà de leur statut de victime. Les portraits, réalisés sur fond noir, recentrent l’attention sur les personnes et leurs histoires. Chaque participant présente un objet symbolique lié à son vécu. À travers ce travail, Mélanie Wenger cherche à briser le silence entourant les violences sexuelles et à sensibiliser le public à leur caractère universel.

MEDIAS
LE DOSSIER DE PRESSE
L’INTERVIEW DANS LE JOURNAL OCÉAN NORD
Que celui ou celle qui n’a jamais frémi à la perspective d’un re- pas de famille jette la première bûche à l’équipe de C’est la fête. Comment se fait-il que les rendez-vous familiaux obligatoires catalysent si souvent nos peurs et nos rancœurs ? L’autrice Magali Mougel et le metteur en scène Thibaut Wenger apportent en- semble une réponse sensible à cette question, inscrite dans une fable contemporaine. Sous son titre à tout le moins ironique, C’est la fête nous convie à un grand déballage et nous invite à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour refuser les héritages délétères, forgés dans les abus et les non-dits. La pièce nous dévoile trois générations qu’un secret traverse et blesse, comme un épieu planté à travers les corps. Il y a le grand-père, sa fille Élie (et ses deux sœurs), son pe- tit-fils Denys, une infirmière devenue sa compagne… et le silence entourant des faits incestueux. La maladie du grand-père inspire une dernière fête, comme un adieu, mais sa fille Élie refuse de se prêter au jeu. Toute ressemblance avec Le Roi Lear n’est pas for- tuite. À l’invitation de Thibaut Wenger, la pièce de Shakespeare agit comme un « palimpseste » pour l’écriture de Magali Mougel. Le Roi Lear met l’amour de ses filles à l’épreuve, comme si tout héritage était lié au principe du don et de la dette. Ces questions traversent C’est la fête, en y ajoutant un espoir : « La pièce est une invitation à sortir des interdépendances qui nous minent », nous explique Thibaut Wenger, en pleine préparation de cette création qui mêle les générations d’actrices et d’acteurs. Par Laurent Ancion
À LIRE ICI
LA PRESSE
LA LIBRE / AURORE VAUCELLE
À Océan Nord, on fait table rase à ce qui nous a détruit dans le passé… mais ça fait quand même mal. La famille d’Elie (Lena Dia), telle que décrite par Magali Mougel et mise en scène par Thibaut Wenger, dysfonctionne dans les grandes largeurs. Évidemment que les enfants doivent tout au patriarche (un boucher, vicieux et incestuel, Thierry Hellin, qui fiche la trouille) ! Les sœurs d’Elie (Joséphine de Weck et Nina Blanc) ont sombré dans l’emprise, la mère est morte (plus de barrière morale) et la belle-mère, Réjane (Geneviève Pasquier) n’est pas « moins pire » que celle de Cendrillon. Enfin si, elle fait semblant d’être compréhensive.
LE SURICATE MAGAZINE / CATHERINE SOKOLOWSKY
Beaucoup de sujets sont abordés par Magali Mougel et Thibaut Wenger dans cette nouvelle création du Théâtre Océan Nord, qui plonge au cœur d’une famille et de ses secrets. Le grand-père est mourant et souhaite réunir une dernière fois ses descendants. Pour Elie, sa fille, se rendre à un repas familial relève pourtant de la mission impossible. Elle a tant souffert de violence, d’abus et d’exploitation qu’elle ne souhaite plus avoir de contact avec lui, même à l’approche de sa mort. Analyse d’une tempête latente.
LE COUR(R)IER RECOMMANDÉ, BX1, DAVID COURIER
Thibaut Wenger était l’invité de David Courier dans l’émission du mercredi 22 septembre.
THÉATREZ-MOI
C’est la fête est une réécriture du Roi Lear de Schakespear par Magali Mougel. Le père n’est pas roi mais boucher dans un village des Vosges. Il a 3 filles. C’est une fresque familiale et on va s’intéresser à ces personnages sur une dizaine d’années. Ce n’est pas vraiment la fête. C’est une sorte de reconstitution des dysfonctionnements dans une famille incestueuse. Le spectacle parle de ce qu’on choisit de transmettre ou de ne pas transmettre.
KIOSK RTBF / JOSEPHINE DE WECK / CINDYA IZZARRELLI
La question de la dette intrafamiliale, un sujet encore presque tabou. Est-ce qu’on s’en défait un jour ? C’est la question que pose la pièce. Hérite t-on de la violence dont nos parents n’arrivent pas à se défaire ? Comment sortir d’un cercle de violence ? Une des réponse est d’en parler. Le récit avance par superpositions et retours dans le passé. C’est la fête est un chemin de pensées à traverser pour comprendre les silences et la colère. S’ouvre alors une potentiel libération…




