"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

Jaz – Djo Ngeleka

Résidence : 7 > 25/01/20

© Alain Senga

Jaz est son nom. Il a peut-être à voir avec la musique. Peut-être pas. Jaz ne sait pas. Ne sait plus. On l’a toujours appelée ainsi. Peut-être après tout n’est-ce pas son nom. Jaz ne parle pratiquement pas d’elle. Jaz d’ailleurs parle très peu. Est-ce par culpabilité? Mais si Jaz ne parle pas, Djo Ngeleka va parler pour elle.

Écrite en 1998, Jaz est l’une des pièces de Koffi Kwahulé (avec Scat et Blue – S – cat) dont le titre lui-même revendique déjà le lien du texte avec un genre de musique précis. Et pourtant ‘’Jaz’’ est une femme. Le personnage féminin inventé par Koffi Kwahulé ne parle jamais d’elle’’. On ne sait même pas ’’si Jaz est son véritable nom’’. Jaz, qui émerge comme un ‘’lotus’’ de cette cité délabrée et pourrie où elle vit, demeure une figure mystérieuse. Un jour, Jaz est victim d’une agression. La femme, celle qui raconte est soutenue par ‘’un jazz (un seul instrument) qui, de temps à autre, troue/est troué, enlace/est enlacé par la voix de la femme’’ ainsi les paroles sont constamment en dialogue avec les notes de musique.

Djo Ngeleka
Comédien, metteur en scène, auteur et humoriste, je navigue entre plusieurs eaux. Je suis né a Lubumbashi où je vis et travaille. Mon génie et mérite, c’est avant tout d’avoir évolué depuis plusieurs années sans repère et sans influence artistique. Arrivé au théâtre au moment où tout le monde abandonnait la scène à Lubumbashi, voilà que depuis 2010, je me suis lancé à la quête d’un théâtre novateur qui rompt avec l’esthétique de la complaisance liée au besoin de survis. Depuis le début de ma carrière professionnelle en 2010, j’ai incarné plusieurs personnages tels que Prince et voyageur dans De la chaire au trône d’Amadou Koné (2010), Gardien de l’oracle dans Catharsis de Gustave Akakpo (2011), Trois dans Einsteinnette de David Minor Ilunga (2012), Prisonnier dans Œil du Cyclone de Louis Markès, le cousin dans Habbat Alep de Gustave Akakpo (2014), Cal dans Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (2016) et Saro et Sissoko dans Salina de Laurent Gode en (2019). J’ai sept mises en scène à mon actif dont Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon en 2017 (compagnonnage artistique d’isabelle Pousseur) et Oh les beaux jours de Samuel Beckett, en 2018. J’ai également assisté différents metteurs en scènes comme Isabelle Pousseur pour J’appartiens au vent qui souffle de Jean-Marie Piemme. En tant qu’auteur j’ai deux pièces de théâtre dans ma gibecière : Paris sera pris en 2017 et Wantanshi en 2018.

Koffi Kwahulé est né en 1956 à Abengourou en Côte d’Ivoire. Auteur, Comédien et metteur en scène, il a d’abord suivi une formation à l’Institut national des arts d’Abidjan, puis à l’école nationale supérieure des arts et techniques du Théâtre de Paris (Rue Blanche) et à la Sorbonne Nouvelle (Paris3) où il a obtenu un doctorat d’études théâtrales. Depuis 1977, il a écrit une vingtaine de pièces dont Big shoot (1999) et Bintou (2003). Il est également auteur de romans et d’essais. Il est aujourd’hui l’un des auteurs dramatiques africains le plus joués au plan international (Europe, Afrique, Usa et Canada). Il a reçu plusieurs prix dont le Grand prix Tshicaya U Tam’si (RFI/ADDT) pour Cette vielle magie noire (1994), le Prix SADC/RFI pour la Dame du café d’en face (1996) et le Prix Ahmadou Kourouma pour son roman Babyface.

Avec Djo Ngeleka – Auteur Koffi Kwahulé – Mise en scène Laetitia Ajanohun – Assistante Solange Muneme – Musicien distribution en cours – Régie générale Guy Mukonkole

© Alain Senga