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Le Théâtre Océan Nord est un théâtre bruxellois. Il présente des spectacles issus de la jeune création et des mises en scène d'Isabelle Pousseur, sa directrice artistique. Il anime des ateliers pour amateurs et professionnels.
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de Rainald Goetz
Horizon d’une mémoire apaisée
21 novembre > 13 décembre
Mise en scène : Paul Camus, Avec : Marie Delhaye, Aline Mahaux, Emilie Maquest, Julie Kazuko Rahir, Pedro Cabanas, Cédric Cerbara, François
De Saint Georges, Bertrand De Wolf, Pierre Dherte, Simon Duprez, David Manet, Anton Tarradellas, Arieh Henri Worthalter, Assistanat : Nelly Framinet, Collaboration musicale : Diederik Wissels, Ensemble vocal : Ik zeg adieu
Guerre, un projet singulier, une réelle expérience théâtrale, une pièce exceptionnelle dans sa durée (4h30). D’où la nécessité d’offrir des conditions un peu exceptionnelles de représentations.
Un rendez-vous hebdomadaire en trois fois
Guerre partie 1 : samedi 21 novembre à 20h30
Guerre partie 2 : samedi 28 novembre à 20h30
Guerre partie 3 : samedi 5 décembre à 20h30
Un rendez-vous quotidien en trois fois
Guerre partie 1 : mercredi 9 décembre à 20h30
Guerre partie 2 : jeudi 10 décembre à 20h30
Guerre partie 3 : vendredi 11 décembre à 20h30
Une intégrale
Guerre parties 1, 2, 3 : dimanche 13 décembre à 15h (avec entracte et collation)
Guerre offre, par collages, analogies et plis, une fresque historique du 20ème siècle allemand.
Écrite en 1985 par l’un des auteurs allemands contemporains les plus originaux et remarqués, la pièce interroge la démocratie à partir des situations limites auxquelles elle se trouve confrontée. Le spectateur assiste impuissant à la naissance des notions d’« état d’urgence », de « régime de terreur », de « totalitarisme » et à leurs insidieuses justifications. Par la radicalité « politico-subjective » de ses textes, Rainald Goetz semble réellement rendre audibles les effets de l’Histoire sur la structure mentale des individus. Il nous dévoile aussi chez certains, si minimes soient-ils, les éléments d’une résistance et d’une régénération possible.
Réaction sensible et artistique aux vingt années qui précèdent son écriture, la pièce est hantée par l’existence de la Fraction Armée Rouge, ce mouvement d’extrême gauche à l’origine de nombreux actes terroristes en Allemagne dans les années 70-80. Le IIIe Reich et sa culture du meurtre ne sont jamais loin dans les mémoires. Pourtant si l’action paraît très ancrée dans l’histoire allemande, on ne peut pas voir là seulement « une histoire des autres » : Paul Camus nous enjoint à la reconnaître comme notre histoire, européenne voire universelle...
« Une salutaire crise d’identité permettant à la mémoire privée et collective une réappropriation lucide du passé et de sa charge traumatique », voilà une définition possible à la fois de ce que furent en leurs temps ces années de la Fraction Armée Rouge, de ce qu’est l’écriture d’une pièce comme Guerre et ce que peut être aujourd’hui notre regard à la fois sur la pièce et sur ce passé.
Né à Munich en 1954, Rainald Goetz vient à l’écriture après des études d’histoire et de médecine conclues par deux doctorats, l’un en histoire ancienne, l’autre sur les troubles du cerveau. Il sera vite reconnu comme l’un des auteurs allemands contemporains les plus originaux. Il vit actuellement à Berlin.
À sa parution en 1985, Guerre est la première pièce d’un auteur de trente ans dont le public vient juste de découvrir traduit en français le roman Chez les fous. Son écriture, sa langue sont inédites et restent aujourd’hui encore d’une facture unique. Elle a la capacité déconcertante de rendre compte de l’intériorité d’hommes traversés par les pensées dominantes d’une époque historique, et ainsi bousculés, empêchés dans les plus simples actes de leur vie. Cette écriture rend visible l’expression irréductible d’une liberté.
Trente ans plus tard, ses pièces ont toutes été créées en Allemagne mais restent inédites en Belgique. C’est donc à la découverte d’une écriture dramatique d’importance que nous sommes conviés.
« Un peu plus de vingt ans après les évènements auxquels la pièce fait échos, au moment où nous commençons à pouvoir penser ce XXème siècle enfin terminé, où il devient une période historique, au moment où les témoins directs (qu’ils aient été victimes ou bourreaux) nous quittent, nous voulons revenir sur les crimes de nos pères.
Refaire ou faire en notre nom l’aveu des culpabilités criminelles, politiques, morales et métaphysiques qui furent les leurs et par là rendre possible ce nécessaire et toujours impossible geste du pardon.
Rendre au futur sa prééminence. Hamlet apaisé. Ophélie épargnée. » (Paul Camus, juin 2009)
Stammheimer : « Le devoir, c’est l’Histoire et le moment, se tenir au sommet de la montagne infinie et splendide des crânes humains du temps, qui fait frémir et force à l’analyse, à la clarté, à la prise de position et à la détermination. »
Stockhausen : « Je pars de l’homme pour considérer le monde. Je suis sous la surveillance Du passé dans son ensemble Fardeau faramineux qui fait de moi une merde. »
Heidegger : « Et nous on est comme ça on vous fait une offre, l’offre optimale logique, optimale maximale, logique, parce que rien d’autre ne nous intéresse que le superlatif, donc l’effort maximum, la concentration absolue, la science pure. Notre offre c’est la science. »
Journée-Rencontre en marge des représentations : le samedi 12 décembre 2009.
Exposé de Michel Dupuis - philosophe à l’UCL et à l’ULg, vice-président du comité consultatif de bioéthique - autour et à partir de La mémoire, l’histoire et l’oubli de Paul Ricoeur. En résonance, un dialogue avec Paul Camus et son équipe artistique autour de la mise en scène de Guerre.
Quel rapport l’art entretient-il avec l’histoire du XXème siècle ? Le théâtre doit-il ressasser le passé ? Que penser du « devoir de mémoire » ? Peut-il y avoir un « devoir d’oubli » ? En quoi l’art est-il un regard vers l’avenir ? Telles seront les questions partagées avec le public.
Lecture de Kolik de Rainald Goetz.
Animations dans vos écoles et institutions.
Durée : environ une heure
Lieu : dans votre association ou votre école
Intervenants : Florence Schennen, animatrice du Théâtre Océan Nord, éventuellement accompagnée d’un membre de l’équipe artistique.
Public : animation destinée au public associatif et scolaire. Il s’agit de préparer à la vision du spectacle en présentant l’auteur, le metteur en scène, les thèmes, la démarche théâtrale...
Participation : gratuite
Quand : sur rendez-vous avec l’animatrice au 02 242 96 89 ou contact oceannord.org
Un accueil du Théâtre Océan Nord