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  • Un fils de notre temps

    d’après le roman d’Ödön von Horváth

    Un projet de Coline STRUYF

    Représentations du 20 au 31 janvier 2009

    Avec : Philippe Grand Henry, Vincent Hennebicq, Mathilde Lefèvre, Aline Mahaux, Luc Schiltz.

    Mise en scène  : Coline Struyf

    Assistanat à la mise en scène : Emilie Maquest

    Conception son : Brice Cannavo

    Conception éclairage : Colin Legras

    Costume : Claire Farah

    Conception vidéo :Tomas Matauko

    Assistance scénographique : Sophie Carlier

    Représentations à 20h30
    Excepté les mercredis à 19h30
    Relâche dimanche et lundi

    - Le roman

    Un fils de notre temps relate le destin d’un jeune chômeur désoeuvré face à l’avenir, qui décide de s’engager dans l’armée pour échapper à la misère. Blessé lors de l’invasion d’un état voisin, il se voit écarté de la carrière militaire. Invalide, tous ses espoirs s’effondrent. Redevenu un garçon aux contours indéfinis qui ne sait ni aimer, ni prendre de décisions, il replonge dans les angoisses de sa vie antérieure et se rattache à une rencontre furtive faite dans le passé, celle d’une fille croisée un instant à la foire…

    Chef d’œuvre de maîtrise littéraire, ce roman est à la fois une leçon de simplicité, d’intensité et de force. Achevé en 1938, peu avant la mort de l’auteur, il nous éclaire par son extraordinaire perspicacité : pas un mot de trop, pas un épanchement de sentiment facile et en même temps une langue riche, poétique.
    Tel un observateur qui capte les couleurs authentiques de la vie quotidienne, Horváth nous parle du glissement de la société allemande de la République de Weimar vers le nazisme et le Troisième Reich.

    « Tout cela ne fournissait que le matériau pour montrer encore une fois cette bataille titanesque entre l’individu et la société, cet éternel massacre sans espoir d’apaisement… »
    Ödön von Horváth

    Conscient des dangers du nazisme et contraint lui-même à l’exil, cet auteur de langue allemande dresse un tableau sans appel d’une idéologie fondée sur le dédain, dont le système de pensée efface toute individualité pour mieux la diluer dans la masse. Le sursaut du héros l’entraîne dans le crime et la mort, preuve qu’on n’échappe pas à son époque.

    Le fils : (…) Ca commence comme ça, avec un gars, et il va s’engager dans un groupe de combattants armés… pour combattre quoi ?
    Dans ma tête c’est juste plein de conneries… J’ai l’impression sordide que je suis dans une voiture, que je roule vite, je sais, trop vite…les fenêtres sont ouvertes. Et vous tous, le monde entier, vous êtes montés dans la même voiture que moi… Une belle grande voiture à rallonge. Une voiture fantôme. Et vous savez quoi, au bout de la route, il y a un mur, oui, oui, oui (il rit bizarrement mais pas trop bizarrement). Je ne peux pas continuer comme ça. Il faut que quelque chose s’arrête. N’importe quoi… Juste que ça s’arrête…
    Les gens sont aveuglés. On est tous aveuglés là. Les yeux crevés avec le vent sur le visage, comme ça tu vois. (Il rit). Ne pas faire marche arrière. (Il rit). Pourtant, on roule droit dans le mur(…)
    Nous allons donner l’occasion à ceux qui le veulent, d’appuyer sur le frein. Et ceux qui nous insultent, ceux qui ricanent quand ils nous voient ; j’aimerais bien être là, au moment du choc quand des milliers d’éclats de verre viendront se figer dans leur peau, quand la ceinture de sécurité brisera leurs côtes, clavicules, bras et jambes peut-être. Vous savez le bruit que font les os quand ils se brisent ?
    Le combat est une loi de la nature. Les grands animaux mangent les petits animaux. Moi je veux manger, c’est tout. Extrait d’ « Un fils de notre temps »

    - Le projet

    L’adaptation à la scène de ce roman est portée par Coline Struyf, metteure en scène. Sa réécriture tend à rendre un univers inquiétant « où l’on pense toujours savoir où l’on pose le pied, jusqu’à ce que le sol se dérobe et révèle l’étrangeté du quotidien ». La perception que le fils a des évènements change le regard qu’il y pose et l’écriture s’empare de cette subjectivité. D’autre part les personnages semblent manquer de mots pour s’exprimer, leur langage est pauvre, les évènements prennent corps hors du bruit de la parole, à l’intérieur des silences, quand on se tait « parce qu’on ne sait plus quoi dire ou comment le dire ».

    Traversée dans une ville : de la foire, au café, à l’hôpital, aux rues, à la place, au boulevard. Défilement du monde. Le spectateur est confronté à une avancée. Comme lorsqu’on regarde les paysages par la fenêtre d’un train. Quelque chose défile toujours à travers la fenêtre : le vent, les nuages, les feuilles des arbres et surtout la neige, cette neige qui apparaît régulièrement pour nous imposer le temps qui passe, toujours, l’hiver, cette froideur et ces nuits trop longues qui semblent ne jamais vouloir finir.

    J’écris des tragédies qui ne sont comiques que par leur humanité.
    Ödön von Horváth

    Ce roman m’a fait l’effet d’une décharge, une écriture simple, mettant en lumière à travers le destin d’un jeune homme, la confrontation constante des êtres à leurs identités et à la société. Rien dans ce récit ne me semble étranger. Pourtant Horváth parle ici de l’Allemagne nazie. Il témoigne à travers le portrait d’un fils de son temps du désarroi auquel répond le mouvement fasciste.
    Si j’ai choisi de parler du destin d’un jeune homme en 1938 c’est qu’au-delà de certaines caractéristiques qui font « époque », l’essence du roman parle d’une incapacité à se définir à l’intérieur d’une société qui semble ne plus offrir d’avenir possible. De se définir et donc aussi de définir l’autre, la relation à l’autre : l’amitié, l’amour, la haine. Il y a chez ce fils une grande confusion.
    L’écriture de l’adaptation n’a donc pas juste été un transfert du livre à la scène mais une vraie réflexion sur comment traiter ces questions aujourd’hui à travers la trame narrative d’Horváth.
    Je ne cherche pas ici à trouver une réponse à la confusion et à la violence que porte en lui le personnage principal, je tente de donner corps à ses doutes. Dès lors dans ce spectacle tout participe à l’exploration de ce trouble : les acteurs, bien entendu, mais également le son, la lumière, l’espace scénique et la vidéo. C’est toute une équipe qui va s’atteler à donner corps aux errances, aux courses à en perdre haleine et aux perditions de ce Fils d’un autre temps qui devient le nôtre.

    Coline STRUYF

    Journée-Rencontre samedi 24 janvier en marge des représentations.

    15h30 L’adaptation du roman à la scène par Alain van Crugten

    Alain van Crugten nous exposera les points importants présents dans le processus de l’adaptation du roman vers la scène théâtrale.

    Romancier (Des Fleuves impassibles, Spa si beau et dernièrement Principessa), dramaturge, professeur à l’Universtité Libre de Bruxelles, traducteur (Hugo Claus, Le Chagrin des Belges, Théâtre Complet, Witkiewicz, L’inassouvissement, Théâtre Complet), Alain van Crugten est également spécialiste des langues et littératures germaniques et slaves. Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques dans le domaine de la littérature, de l’histoire et de la traduction littéraire.

    17h Pause au bar du théâtre

    17h30 Le rapport qu’entretient Un fils de notre temps avec l’Histoire par Henri Deleersnijder en collaboration avec l’asbl "Les Territoires de la Mémoire"

    Le spectacle parle de la difficulté d’un fils de son temps à se définir dans une société déstabilisée à laquelle répond le mouvement fasciste. Le passage du roman à la scène aborde diverses questions : quels rapports entretenons-nous avec l’Histoire ? comment représenter le nazisme aujourd’hui ? quels clichés et préjugés véhicule-t-il ? en quoi sommes-nous concernés et quel lien maintient-il avec l’actualité et nos démocraties ?

    Henri Deleersnijder est professeur d’histoire, licencié en Arts et Sciences de la Communication et collaborateur scientifique à l’Université de Liège où il écrit dans le mensuel Le 15ème jour du mois. Il se voit décerner en 2007 par le parlement de la Communauté française le prix du livre politique pour son ouvrage Populisme. Vieilles pratiques, nouveaux visages, favorisant la réflexion et la revalorisation de la pensée politique démocratique.

    19h Pause et repas (sous réservation)

    20h30 Représentation Un fils de notre temps

    L’accès à la journée est gratuit, la représentation est quant à elle payante.
    Possibilité de se désaltérer et de se restaurer au bar du théâtre.
    Réservations souhaitées : 02/216 75 55 ou info oceannord.org
    Théâtre Océan Nord – 63, rue Vandeweyer – 1030 Bruxelles – www.oceannord.org

    Les images
    La presse

    Un accueil en Résidence du Théâtre Océan Nord
    Avec l’aide du Ministère de la Communauté Française de Belgique, Service du Théâtre.

    Nouvelles

    Isabelle Pousseur était, cet été, l’invitée de David Courier sur BX1 dans son émission "Courrier recommandé". Découvrez la vidéo ici.

    Bravo à tous les nominés des PRIX DE LA CRITIQUE 2017 et en particulier à Catherine Grosjean et Didier de Neck pour leurs nominations aux prix de Meilleur comédienne et Meilleur comédien, dans Taking Care of Baby et dans L’Absence de guerre, et à Guillemette Laurent et Jasmina Douieb pour leur nomination au prix de Meilleure mise en scène avec La Musica Deuxième et Taking Care of Baby.

    MAGIC KIDS était de retour cet été du 10 au 14 juillet avec un stage de théâtre et vidéo pour les enfants de 6 à 13 ans. Cliquez-ici pour découvrir la vidéo réalisée avec et par les enfants durant cette semaine de stage.

    Le secteur culturel s’engage... Et vous ? Pour soutenir les populations civiles en danger partout dans le monde, le secteur culturel belge se rassemble via le label UNITED STAGES dont notre théâtre fait désormais partie !

    • Théâtre Océan Nord
    • Rue Vandeweyer 63
    • Schaerbeek
    • Bruxelles, 1030
    • Reservation: 02/2167555
    • Administration: 02/2429689
    • Tarif plein: 12 euros
    • Tarif réduit (chômeur, sénior): 7,5
    • Tarif hyper réduit : 5 euros
    • Participation à Article 27 et Arscène 50
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    Le Théâtre Océan Nord est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles- Service du Théâtre. Il reçoit en outre l’aide de la COCOF - Service de la Culture

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