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"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

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  • Taking Care of Baby

    de DENNIS KELLY
    Traduction de Philippe Le Moine et Pauline Sales

    Une mise en scène de Jasmina Douieb

    Ce spectacle est créé en collaboration avec l’Atelier 210

    17 > 28 janvier

    Représentations à 20h30 sauf mercredis à 19h30.
    Jeudi 19 janvier matinée à 13h30, pas de représentation en soirée.
    Mardi 24 janvier matinée à 13h30 et représentation à 20h30.
    Relâche le dimanche et le lundi.

    Et à l’Atelier 210 du 21 au 25 février à 20h30 !

    Un fait divers. Sordide. Une mère est accusée d’un double infanticide. Lors d’une sorte de reconstitution des faits, le spectateur est convié à une enquête menée sur scène : témoins, protagonistes et spécialistes défilent. Pourtant, au gré des témoignages et des interviews, le sentiment de la fiction s’insinue. Le fait divers horrible dont il est question est-il vrai ? Et toi, spectateur, serais-tu toujours aussi fasciné si c’était faux ? Etait-ce parce qu’elle était vraie que cette histoire envoûtante de bébé mort te tenait en haleine ?




    Une curieuse archive envoyée à l’équipe de Jasmina Douieb. Le Professeur Leeman (1888-1946) décrit le syndrome SLK.



    Glaçant ! Un Père en deuil attaque une metteuse en scène en justice !
    VISIT EMIPRE OF BUZZ



    OMG ! Ces révélations d’Anne-Marie Loop sur Taking Care of Baby vont vous faire halluciner !
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    WTF !! Benjamin Mouchette claque la porte des répétitions de Taking Care of Baby !
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    Horrible ! Cathy Grosjean victime d’un terrible infanticide !
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    Effarant ! Ce médecin a tout fait pour que cette vidéo ne fuite pas ! Les âmes sensibles y réfléchirons à 2 fois avant d’ouvrir…
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    OMG, Incroyable, Arrêtez tout : La communication autour de Taking Care of Baby

    À l’occasion du spectacle nous avons décidé de mettre en place une communication originale afin de mettre en lumière un aspect essentiel de la pièce : le rapport à la vérité à travers les médias. Quoi de mieux donc que de jouer des moyens dont regorgent internet et les réseaux sociaux pour (dés)informer ? La plateforme EMIPRE OF BUZZ a donc été mise en place afin de faire parler de la pièce et des scandales qui toujours l’accompagnent et on ne vous cachera pas qu’on s’est bien amusé à détourner les codes de ces « attrape clics » qui d’habitude nous font grincer des dents ! Mais l’expérience ne s’arrête pas là puisqu’une conférence autour de la question de la vérité dans les médias sera organisée durant la série à l’Atelier 210, le mercredi 22 février à 18h. L’occasion pour un panel d’experts et le public de débattre sur ces questions de société au combien actuelles en compagnie de la metteure en scène Jasmina Douieb.

    Jasmina Douieb, à propos de Taking Care of Baby

    L’entretien avec Jasmina Douieb et son portrait par Laurent Ancion sont à découvrir dans le Journal 75 du Théâtre Océan Nord.

    Taking Care of Baby est venu me percuter comme on se ferait renverser par une voiture. Dennis Kelly écrit comme on tranche une gorge. Il raconte des histoires, certes, mais avec le tranchant de sa lame, il vous éventre et vous éviscère de vos certitudes.
    Sa dramaturgie et la finesse de ses constructions dramatiques ne se dévoilent qu’après la gifle et les rires. Une écriture en millefeuille, qui s’insinue d’autant plus profondément dans nos consciences.
    Le fait divers dont il sera question dans cette pièce, est tellement fort, tellement frappant qu’il semble tout d’abord nous engager uniquement sur cette thématique de l’infanticide. Or, aussi fascinant que soit ce sujet, il ne masquera pas longtemps la réflexion de fond à laquelle nous convie l’auteur : la question du vrai ; et de la caution de ce vrai par l’émotion, via le travail des médias.
    Cette quête du vrai se révèlera l’axe central de la pièce, et dont la structure même dépend. La forme de l’écriture, la construction dialogique, la structure dramaturgique du récit, essentiellement basée sur des interviews, en adresses publiques, tout va dans le même sens, et nous convoque à une sorte d’enquête. Et il ne s’agit pas là d’une coquetterie formelle : la forme est tout entière au service du propos. L’enquête nous mènera à l’incertitude et au trouble, à la fois sur la culpabilité de Donna, mais aussi plus globalement sur cette vérité qui se dérobe plus on tente de l’approcher.
    Pourtant, ce que Kelly réussit tout spécialement à faire, c’est à vitrioler une société toute entière tournée vers cette recherche de la vérité, avec ses rouages principaux : la justice, la politique, les médias et … l’art ! Comment ne pas faire le lien avec la réalité de nos JT, toujours plus fictionnalisés, mis en scène et écrits de plus en plus clairement pour émouvoir avant d’informer ? Et comment ne pas relier tout cela à la danse macabre à laquelle se livrent les politiciens, lors de certains événements funestes, immédiatement récupérés par l’un ou l’autre parti ?
    Comme le journaliste, l’artiste est un témoin. Par essence il est voyeur. Le journaliste ramène l’information et donc en quelque sorte, la vole. Voyeur/voleur, il truque, trafique et transforme ce réel dont il est témoin pour nous le donner à lire, à voir, à écouter. Cette transformation exerce un jeu de fascination, et s’apparente, quoi qu’on en dise à un travail artistique. Le documentaire, comme l’art, transforme, transmue, ment pour dire le vrai. Il avance masqué pour rendre visible l’invisible (Paul Klee[1]).
    Et néanmoins, nous voyons paradoxalement chaque jour à quel point le vrai, le véridique apportent une valeur ajoutée à nos expériences vécues par procuration, par les médias, par les documentaires, par les biographies, par les reportages en tous genres. Il semble que notre société soit toujours plus fascinée par l’actualité et l’événement. Comme si l’art avait un besoin toujours plus urgent de documenter, ou comme s’il fallait en valider la démarche même par le biais du vrai.
    Le fait divers horrible dont il est question dans cette pièce est-il vrai ? Le syndrome du SLK dont parle le psychiatre, existe-t-il vraiment ? Kelly nous le fait croire d’entrée de jeu, pour ensuite nous retourner cette question : es-tu toujours aussi fasciné si c’est faux ? Ce qui te tenait en respect, était-ce ce vrai que je t’ai vendu, comme un fœtus mort, obscène et envoûtant ? Est-ce cette prétention au vrai qui te tenait en haleine ? Kelly nous renvoie à notre côté, avide de sang pourvu qu’il soit frais et surtout… vrai !
    A moins qu’il ne nous convie à réfléchir sur notre incapacité à décrypter une réalité qui ne peut être que subjective, vue et montrée à travers les prismes de différents regards, qui à leur tour, se définissent et se représentent eux-mêmes ?
    Par le vertige de la mise en abîme du regard, celui-ci en ressort vidé de toute image, brûlé par son avidité du vrai. Par une manière oblique de regarder, et qui échappe à l’obscénité de l’événement en soi (l’infanticide qu’on ne verra jamais… d’ailleurs a-t-il eu lieu ?), cette pièce-puzzle où se télescopent les points de vues, où la chronologie est volontairement brouillée, cette pièce-enquête, offre une manière de donner à voir qui inquiète le voir[2].

    Tout entière conduite par un personnage invisible et pourtant central - Kelly lui-même - ou son double intervieweur, (qui invite tous les personnages à venir témoigner) - cette pièce nous met face à notre désir de voir autant que de croire, et du coup, nous questionne sur l’intérêt même de la fiction, qui finit par apparaître comme un simulacre suspect.

    Jasmina Douieb

    [1] « L’art ne reproduit pas le visible. Il rend visible », Paul Klee, Credo du créateur, 1920.

    [2] « L’acte de donner à voir n’est pas l’acte de donner des évidences visibles à des paires d’yeux qui se saisissent unilatéralement du ‟don visuel” pour s’en satisfaire unilatéralement. Donner à voir, c’est toujours inquiéter le voir, dans son acte, dans son sujet. Voir, c’est toujours une opération du sujet, donc une opération refendue, inquiétée, agitée, ouverte. » Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Paris, Minuit, 1992, p. 51.

    De manière générale, mentir ne marche pas vraiment. Quand on y réfléchit bien. Qu’on se mente à soi-même ou qu’on mente à un autre être humain, on connaît toujours plus ou moins la vérité.
    Dennis Kelly

    L'équipe
    L'équipe
    Dennis Kelly, Jasmina Douieb et La Cie Entre Chiens et Loups
    Les à-côtés
    Les images
    La presse

    Avec Catherine Grosjean, Anne-Marie Loop, Eline Schumacher, Benjamin Mouchette, Benoît Van Dorslaer et Vincent Lécuyer
    Scénographie et costumes Anne Guilleray
    Création lumières Philippe Catalano
    Vidéo Sébastien Fernandez
    Assistanat Aubéline Barbieux
    Traduction Philippe Le Moine et Pauline Sales

    Dennis Kelly

    Auteur londonien né en 1970, il intègre vers l’âge de 20 ans une jeune compagnie théâtrale et commence à écrire. À la fin des années 90, il entame des études universitaires au Goldsmiths College de Londres.
    S’il dit n’y avoir rien appris en matière d’écriture théâtrale, il y affirme le choix de formes en rupture avec le théâtre social réaliste anglais, à l’image de celles développées par Antony Neilson, Sarah Kane ou Caryl Churchill. Conjuguant le caractère provocateur du théâtre in-yer-face(1) et l’expérimentation de styles dramatiques diversifiés, ses textes abordent des questions contemporaines aiguës.
    Après Débris en 2003, il écrit Osama the Hero en 2004, After the end en 2005, Love and Money en 2006, Taking Care of Baby en 2007 (il reçoit le John Whiting Award), DeoxyriboNucleic Acid/D.N.A. en 2007, Orphans en 2009 et The Gods Weep en 2010.

    Pour le théâtre, il adapte également La Quatrième Porte de Péter Kárpáti, Rose Bernd de Gerhart Hauptmann, plus récemment Le Prince de Hombourg de Kleist (Donmar Warehouse, Londres, 2010). Pour la radio, il écrit Colony (BBC Radio 3, 2004) et 12 Shares (BBC Radio 4, 2005), pour la télévision, co-signe (avec Sharon Horgan) le scénario de la série Pulling (Silver River/BBC 3, 2006-2009). Dernièrement, il a signé le livret de Matilda, A Musical d’après Roald Dahl (Royal Shakespeare Company, 2010) et achevé un premier scénario cinématographique : Blackout (Big Talk/Film 4).

    (1)Littéralement "dans ta gueule", est un genre de théâtre subversif qui cherche à renouveler le regard du spectateur sur la société en le provoquant émotionnellement, en le mettant en état de choc.
    Le théâtre in-yer-face est le genre de théâtre qui attrape le public par la peau du cou et le secoue jusqu’à ce qu’il comprenne le message. L’expression "in-your-face" est définie dans le New Oxford English Dictionary (1998) comme désignant une chose ouvertement agressive ou provocante, impossible à ignorer ou à éviter. (...) L’exclamation "in-your-face" est apparue dans le journalisme sportif américain au milieu des années 70 (...). Elle s’est graduellement infiltrée dans l’argot courant à la fin des années 80 et dans les années 90, dans le sens de "agressif, provocant, rude". Elle suppose que l’on soit forcé de regarder quelque chose de très près, son espace personnel étant envahi ; elle suggère le franchissement des limites habituelles. En résumé, elle décrit parfaitement le style de théâtre qui place le public dans une telle situation. Le théâtre in-yer-face choque le public par l’extrémisme de son langage et de ses images, le déstabilise par sa franchise émotionnelle et le perturbe par sa remise en question aiguë des normes morales. (...) La plupart des pièces in-yer-face (...) offrent au public l’expérience des émotions extrêmes qui ont lieu sur scène. (In-Yer-Face ! Le théâtre britannique des années 1990, Aleks Sierz, traduit par Nicolas Boileau et Delphine Lemonnier-Texier, 2011, 1ère édition 2001.)
    Ses représentants sont, entre autres, Anthony Neilson, Martin Crimp, Sarah Kane, David Harrower, Mark Ravenhill.

    Jasmina Douieb

    Depuis 2000, en tant que comédienne, j’ai expérimenté diverses formes théâtrales qui m’ont permis de me forger une expérience variée d’interprète : du théâtre réaliste français avec Chaos debout (Véronique Olmi) par Michel Bogen, à l’expressionnisme de Von Horvath (Légendes de la forêt viennoise) ou d’Alain Van Crughten (Steph), en passant par la commedia avec Carlo Boso (Les jumeaux vénitiens de Goldoni), Marivaux, Shakespeare, Harold Pinter, Wajdi Mouawad ou Fabrice Melquiot, ou encore le théâtre de proximité avec Philippe Vauchel (Comme une scène)…
    Parallèlement à mon parcours de comédienne ‘employée’, j’ai depuis le départ eu très à cœur de mettre sur pied des projets personnels. Il me fallait tracer mon chemin propre et définir mes objectifs dans ce métier. Ainsi, j’ai tracé un bout de chemin avec la Compagnie Chéri Chéri : Yvonne, princesse de Bourgogne dans le Parc Royal ou encore Une Pucelle pour un gorille de Arrabal, au théâtre de verdure du parc d’Osseghem (Féeries théâtrales), notamment. Et puis bien sûr le Zone Urbaine Théâtre où j’ai beaucoup joué et mis en scène.
    Par ailleurs, j’ai peu à peu développé mon langage de metteuse en scène au travers de Cyrano (Karreveld), Bal-Trap (Soupape et Martyrs), La Princesse Maleine (Zut), Révolution (Balsamine), Littoral (Zut) et plus récemment L’Ombre (Public), La Défonce, Himmelweg (210), Melle Julie (Théâtre royal du Parc), L’Eveil du printemps (Théâtre Le Public) et Le Mouton et la Baleine (Théâtre Océan Nord).

    La Compagnie Entre Chiens et Loups

    L’éclectisme apparent des projets de Jasmina Douieb constitue en réalité l’axe d’une même recherche. Ainsi, se dessine une notion d’équipe qui se constitue de projet en projet et qui fonde peu à peu une forme de collectif de création, basé sur l’échange et la mise en commun d’un matériau réflexif.

    Entre chiens et loups, c’est la confrontation de l’apprivoisé et du sauvage, du dressage socialisant, de l’éduqué et du pulsionnel. C’est cette lisière entre deux mondes, entre deux états (jour et nuit) que nous nous proposons de visiter : un théâtre de frontières où s’interpénètrent les genres littéraires et artistiques.

    *** Matinées théâtrales le jeudi 19 janvier et le mardi 24 janvier à 13h30
    Pour les groupes et spectateurs qui le souhaitent, cette représentation sera précédée d’un repas (sur réservation) à 12h30 et suivie d’une rencontre conviviale avec l’équipe artistique du spectacle.

    *** Rencontres après-spectacle
    Une rencontre conviviale entre l’équipe artistique du spectacle et le public est prévue à l’issue des représentations des mercredis 18 et 25 janvier, ainsi qu’après les deux matinées théâtrales. Ces rencontres sont l’occasion de poser toutes vos questions aux artistes et de prolonger ensemble la réflexion.

    *** Animation préparatoire
    La responsable du public scolaire et associatif propose de venir présenter le spectacle dans les classes et associations qui le demandent. En fonction de leur disponibilité, les artistes l’accompagneront. Exploration des thématiques et des personnages du spectacle, discussions et échanges seront au programme… Une manière vivante de se préparer à la représentation !

    *** Le Pass à l’Acte, projet soutenu par la COCOF
    Voici 7 ans que le Théâtre Océan Nord est engagé dans ce projet d’initiation au théâtre contemporain, aux côtés du Rideau de Bruxelles, du Théâtre Les Tanneurs, avec le soutien pédagogique de Promotion Théâtre. Autour de 3 spectacles (un dans chaque théâtre partenaire), un véritable accompagnement pédagogique est proposé de janvier à mai aux classes de 5e, 6e et 7e humanités qui s’inscrivent au projet : introduction aux démarches artistiques contemporaines, animations avec les artistes avant et après chaque représentation, moments de rencontres et de jeu théâtral entre les différentes classes, temps de formation pour les enseignants, … Une occasion rare pour les élèves et leurs professeurs de se frotter à la création contemporaine, d’interroger leur statut de spectateur et de découvrir les facettes contrastées de 3 théâtres bruxellois ! Au Théâtre Océan Nord, ils découvriront l’écriture cinglante de Denis Kelly et le travail troublant de Jasmina Douieb qui les confronteront à la question du vrai : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui est fiction au théâtre ?
    Inscriptions pour 5 classes avant le 1er octobre / 24 euros par élève.
    Durée du spectacle : 2h30

    Dossier pédagogique :

    Dossier pédagogique Taking Care of Baby

    Contact : Daphné Ansiaux - 02 242 96 89 - contact oceannord.org

    L'équipe

    Avec Catherine Grosjean, Anne-Marie Loop, Eline Schumacher, Benjamin Mouchette, Benoît Van Dorslaer et Vincent Lécuyer
    Scénographie et costumes Anne Guilleray
    Création lumières Philippe Catalano
    Vidéo Sébastien Fernandez
    Assistanat Aubéline Barbieux
    Traduction Philippe Le Moine et Pauline Sales

    Dennis Kelly, Jasmina Douieb et La Cie Entre Chiens et Loups

    Dennis Kelly

    Auteur londonien né en 1970, il intègre vers l’âge de 20 ans une jeune compagnie théâtrale et commence à écrire. À la fin des années 90, il entame des études universitaires au Goldsmiths College de Londres.
    S’il dit n’y avoir rien appris en matière d’écriture théâtrale, il y affirme le choix de formes en rupture avec le théâtre social réaliste anglais, à l’image de celles développées par Antony Neilson, Sarah Kane ou Caryl Churchill. Conjuguant le caractère provocateur du théâtre in-yer-face(1) et l’expérimentation de styles dramatiques diversifiés, ses textes abordent des questions contemporaines aiguës.
    Après Débris en 2003, il écrit Osama the Hero en 2004, After the end en 2005, Love and Money en 2006, Taking Care of Baby en 2007 (il reçoit le John Whiting Award), DeoxyriboNucleic Acid/D.N.A. en 2007, Orphans en 2009 et The Gods Weep en 2010.

    Pour le théâtre, il adapte également La Quatrième Porte de Péter Kárpáti, Rose Bernd de Gerhart Hauptmann, plus récemment Le Prince de Hombourg de Kleist (Donmar Warehouse, Londres, 2010). Pour la radio, il écrit Colony (BBC Radio 3, 2004) et 12 Shares (BBC Radio 4, 2005), pour la télévision, co-signe (avec Sharon Horgan) le scénario de la série Pulling (Silver River/BBC 3, 2006-2009). Dernièrement, il a signé le livret de Matilda, A Musical d’après Roald Dahl (Royal Shakespeare Company, 2010) et achevé un premier scénario cinématographique : Blackout (Big Talk/Film 4).

    (1)Littéralement "dans ta gueule", est un genre de théâtre subversif qui cherche à renouveler le regard du spectateur sur la société en le provoquant émotionnellement, en le mettant en état de choc.
    Le théâtre in-yer-face est le genre de théâtre qui attrape le public par la peau du cou et le secoue jusqu’à ce qu’il comprenne le message. L’expression "in-your-face" est définie dans le New Oxford English Dictionary (1998) comme désignant une chose ouvertement agressive ou provocante, impossible à ignorer ou à éviter. (...) L’exclamation "in-your-face" est apparue dans le journalisme sportif américain au milieu des années 70 (...). Elle s’est graduellement infiltrée dans l’argot courant à la fin des années 80 et dans les années 90, dans le sens de "agressif, provocant, rude". Elle suppose que l’on soit forcé de regarder quelque chose de très près, son espace personnel étant envahi ; elle suggère le franchissement des limites habituelles. En résumé, elle décrit parfaitement le style de théâtre qui place le public dans une telle situation. Le théâtre in-yer-face choque le public par l’extrémisme de son langage et de ses images, le déstabilise par sa franchise émotionnelle et le perturbe par sa remise en question aiguë des normes morales. (...) La plupart des pièces in-yer-face (...) offrent au public l’expérience des émotions extrêmes qui ont lieu sur scène. (In-Yer-Face ! Le théâtre britannique des années 1990, Aleks Sierz, traduit par Nicolas Boileau et Delphine Lemonnier-Texier, 2011, 1ère édition 2001.)
    Ses représentants sont, entre autres, Anthony Neilson, Martin Crimp, Sarah Kane, David Harrower, Mark Ravenhill.

    Jasmina Douieb

    Depuis 2000, en tant que comédienne, j’ai expérimenté diverses formes théâtrales qui m’ont permis de me forger une expérience variée d’interprète : du théâtre réaliste français avec Chaos debout (Véronique Olmi) par Michel Bogen, à l’expressionnisme de Von Horvath (Légendes de la forêt viennoise) ou d’Alain Van Crughten (Steph), en passant par la commedia avec Carlo Boso (Les jumeaux vénitiens de Goldoni), Marivaux, Shakespeare, Harold Pinter, Wajdi Mouawad ou Fabrice Melquiot, ou encore le théâtre de proximité avec Philippe Vauchel (Comme une scène)…
    Parallèlement à mon parcours de comédienne ‘employée’, j’ai depuis le départ eu très à cœur de mettre sur pied des projets personnels. Il me fallait tracer mon chemin propre et définir mes objectifs dans ce métier. Ainsi, j’ai tracé un bout de chemin avec la Compagnie Chéri Chéri : Yvonne, princesse de Bourgogne dans le Parc Royal ou encore Une Pucelle pour un gorille de Arrabal, au théâtre de verdure du parc d’Osseghem (Féeries théâtrales), notamment. Et puis bien sûr le Zone Urbaine Théâtre où j’ai beaucoup joué et mis en scène.
    Par ailleurs, j’ai peu à peu développé mon langage de metteuse en scène au travers de Cyrano (Karreveld), Bal-Trap (Soupape et Martyrs), La Princesse Maleine (Zut), Révolution (Balsamine), Littoral (Zut) et plus récemment L’Ombre (Public), La Défonce, Himmelweg (210), Melle Julie (Théâtre royal du Parc), L’Eveil du printemps (Théâtre Le Public) et Le Mouton et la Baleine (Théâtre Océan Nord).

    La Compagnie Entre Chiens et Loups

    L’éclectisme apparent des projets de Jasmina Douieb constitue en réalité l’axe d’une même recherche. Ainsi, se dessine une notion d’équipe qui se constitue de projet en projet et qui fonde peu à peu une forme de collectif de création, basé sur l’échange et la mise en commun d’un matériau réflexif.

    Entre chiens et loups, c’est la confrontation de l’apprivoisé et du sauvage, du dressage socialisant, de l’éduqué et du pulsionnel. C’est cette lisière entre deux mondes, entre deux états (jour et nuit) que nous nous proposons de visiter : un théâtre de frontières où s’interpénètrent les genres littéraires et artistiques.

    Les à-côtés

    *** Matinées théâtrales le jeudi 19 janvier et le mardi 24 janvier à 13h30
    Pour les groupes et spectateurs qui le souhaitent, cette représentation sera précédée d’un repas (sur réservation) à 12h30 et suivie d’une rencontre conviviale avec l’équipe artistique du spectacle.

    *** Rencontres après-spectacle
    Une rencontre conviviale entre l’équipe artistique du spectacle et le public est prévue à l’issue des représentations des mercredis 18 et 25 janvier, ainsi qu’après les deux matinées théâtrales. Ces rencontres sont l’occasion de poser toutes vos questions aux artistes et de prolonger ensemble la réflexion.

    *** Animation préparatoire
    La responsable du public scolaire et associatif propose de venir présenter le spectacle dans les classes et associations qui le demandent. En fonction de leur disponibilité, les artistes l’accompagneront. Exploration des thématiques et des personnages du spectacle, discussions et échanges seront au programme… Une manière vivante de se préparer à la représentation !

    *** Le Pass à l’Acte, projet soutenu par la COCOF
    Voici 7 ans que le Théâtre Océan Nord est engagé dans ce projet d’initiation au théâtre contemporain, aux côtés du Rideau de Bruxelles, du Théâtre Les Tanneurs, avec le soutien pédagogique de Promotion Théâtre. Autour de 3 spectacles (un dans chaque théâtre partenaire), un véritable accompagnement pédagogique est proposé de janvier à mai aux classes de 5e, 6e et 7e humanités qui s’inscrivent au projet : introduction aux démarches artistiques contemporaines, animations avec les artistes avant et après chaque représentation, moments de rencontres et de jeu théâtral entre les différentes classes, temps de formation pour les enseignants, … Une occasion rare pour les élèves et leurs professeurs de se frotter à la création contemporaine, d’interroger leur statut de spectateur et de découvrir les facettes contrastées de 3 théâtres bruxellois ! Au Théâtre Océan Nord, ils découvriront l’écriture cinglante de Denis Kelly et le travail troublant de Jasmina Douieb qui les confronteront à la question du vrai : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui est fiction au théâtre ?
    Inscriptions pour 5 classes avant le 1er octobre / 24 euros par élève.
    Durée du spectacle : 2h30

    Dossier pédagogique :

    Dossier pédagogique Taking Care of Baby

    Contact : Daphné Ansiaux - 02 242 96 89 - contact oceannord.org

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    La presse

    Une création de la Compagnie Entre Chiens et Loups coproduite par l’Atelier 210 et le Théâtre Océan Nord. Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles - Service du théâtre, du Centre des Arts scéniques, de la Maison de la Culture d’Ath, du Centre Culturel de Nivelles et du Centre Culturel d’Ottignies Louvain-La-Neuve.

    Nouvelles

    Bravo à tous les nominés des PRIX DE LA CRITIQUE 2017 et en particulier à Catherine Grosjean et Didier de Neck pour leurs nominations aux prix de Meilleur comédienne et Meilleur comédien, dans Taking Care of Baby et dans L’Absence de guerre, et à Guillemette Laurent et Jasmina Douieb pour leur nomination au prix de Meilleure mise en scène avec La Musica Deuxième et Taking Care of Baby.

    MAGIC KIDS est de retour cet été du 10 au 14 juillet avec un stage de théâtre et vidéo pour les enfants de 6 à 13 ans. Pour plus d’infos, cliquez ici !

    Le secteur culturel s’engage... Et vous ? Pour soutenir les populations civiles en danger partout dans le monde, le secteur culturel belge se rassemble via le label UNITED STAGES dont notre théâtre fait désormais partie !

    • Théâtre Océan Nord
    • Rue Vandeweyer 63
    • Schaerbeek
    • Bruxelles, 1030
    • Reservation: 02/2167555
    • Administration: 02/2429689
    • Tarif plein: 12 euros
    • Tarif réduit (chômeur, sénior): 7,5
    • Tarif hyper réduit : 5 euros
    • Participation à Article 27 et Arscène 50
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    Le Théâtre Océan Nord est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles- Service du Théâtre. Il reçoit en outre l’aide de la COCOF - Service de la Culture

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