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"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

Saison: 2008 / 2009

Mars

d’après Fritz Zorn

Un projet de Denis Laujol

Représentations du 3 au 14 mars 2009


Mise en scène : Denis Laujol

Avec : Adriana Da Fonseca, Yann Frouin, Florence Minder, Benoît Piret, Sophie Sénécaut, Vincent Sornaga, Baptiste Sornin

Assistanat : Julien Jaillot

Lumières : Patrice Lechevallier

Représentations à 20h30
Excepté les mercredis à 19h30
Relâche dimanche et lundi

Je suis jeune, riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé, et seul.

Le dernier cri d’un jeune homme de la meilleure société, bien sous tous rapports, élevé dans le culte de l’harmonie et de la tranquillité, dans le refus du conflit et de toute forme de friction, privé du même coup de tout contact réel avec quiconque, sans amis et sans amours, finalement étouffé par la dépression et par un cancer de la gorge qu’il attribue à toutes les larmes qu’il n’avait pas pleurées dans sa vie ; son âpre lutte, au seuil de la mort, vers la clarté ; et puis sa révolte, intacte, comme un diamant brut, une petite victoire au cœur de l’immense défaite.

L’histoire d’une résurrection.
Un formidable appel à la vie, lancé vers nous, du fond du gouffre.
Fritz Zorn est un pseudonyme, celui de Fritz Angst. C’est un peu plus qu’un pseudonyme. Angst signifie peur, et Zorn, colère.
Fritz Angst est mort, le jour-même où il a appris la publication de son livre ; il avait 32 ans.
Fritz Zorn vit toujours.

Mars, dieu païen de la guerre et de l’agression, est aussi le dieu de la force créatrice, du renouveau et du printemps.

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Mars

La chose la plus intelligente que j’aie jamais faite, c’est d’attraper le cancer.[…]
Sans doute considère-t-on la mort comme une chose peu réjouissante. Toutefois si l’on considère que même aujourd’hui, il y a encore des gens qui se glorifient de mourir pour Dieu, la patrie capitaliste et ses trusts, on ne peut qu’en venir à la conclusion qu’il y a des raisons de mourir plus bêtes que le manque d’amour. Je crois que ce n’est pas la pire cause de mort.

FRITZ ZORN

J’ai découvert Mars en juin 2002, interprété par Jean-Quentin Châtelain, au Centre Culturel Suisse, à Paris. Depuis lors, l’envie de monter ce texte ne m’a pas quittée.

Ce qui m’a frappé tout d’abord, c’est l’actualité du propos ; même si Zorn se refuse à écrire un traité politique, son texte résonnait comme une réponse cinglante à l’air du temps. En cette période de trouille généralisée, post-11 septembre, juste après des élections qui avaient vu l’extrême- droite au second tour en France, on ne parlait plus que d’insécurité, de retour à l’ordre moral, de repli sur des valeurs tout à fait bourgeoises, même si le mot n’est plus à la mode ; on ne peut pas vraiment dire que la situation ait aujourd’hui beaucoup évolué…
J’affirme que le fait que l’on m’a exterminé continuera à couver sous la cendre, et finira par provoquer la ruine même du monde qui m’a exterminé.[…] Une société dont les enfants meurent d’incarner parfaitement cette société n’en a plus pour longtemps. […]Je suis le déclin de l’Occident.

C’est de cet aspect politique, sociétal, du texte qu’est venue ma première idée de mise en scène. Et si, pour souligner le fait que Zorn est atteint du mal dont tout le monde souffre plus ou moins dans notre société actuelle, sa parole était portée non par un seul acteur, mais comme chez les Grecs, lorsque le théâtre servait à débattre des problèmes de la cité, par un chœur, dans un rapport très simple et très frontal au public, en évacuant toute incarnation, naturalisme et pathos ?

Bien entendu, Mars est aussi une histoire individuelle, celle du combat ultime d’un homme avec sa vie, avec sa vérité, aussi amère soit-elle ; c’est pourquoi ma mise en scène interrogera aussi le rapport intime que nous (acteurs, spectateurs) pouvons entretenir à ce texte.
Sur le plateau, nous tâcherons de répondre à l’intransigeance de Zorn par une même nécessité dans le jeu ; c’est sur ce critère que j’ai choisi les acteurs, parce que je pressens chez eux une intimité possible avec ce texte, sachant qu’il sera parfois nécessaire de rire, par exemple, ou de faire des choses très bêtes…

Lorsque j’ai dit de moi que j’avais des difficultés d’amour, l’expression était à peu près aussi juste que si j’avais dit de quelqu’un qu’il avait des difficultés de forme après être passé sous un rouleau compresseur.

A travers ce kaléidoscope d’acteurs, voir ce texte, au-delà de ses aspects politiques ou psychanalytiques (Mars est un cas d’école), au-delà du désastre, de la dépression, de la solitude, comme une exhortation à vivre, et à aimer, vite.

Mars est un récit initiatique, un texte essentiel, sa lecture est une expérience, parfois éprouvante d’ailleurs, et tout l’enjeu de le porter au théâtre est là : Zorn a appris à ses dépens que dans la vie il n’y a pas de répétitions, pas de seconde représentation, et c’est cette sensation d’urgence que je voudrais faire partager sur scène, cette priorité absolue des élans vitaux sur tout ce qui peut les entraver, que ce soit dans la société ou à l’intérieur de soi.
En cela, oui, c’est un texte révolutionnaire.

Et puis poser la question : et vous, vous vous en sortez comment ?

DENIS LAUJOL, metteur en scène

Journée-Rencontre en marge des représentations, le samedi 7 mars.

Scène ouverte sur le thème de la révolte

15h30 - 17h / 17h30 - 19h

Mars

Mars, récit autobiographique, est le dernier cri d’un homme en prise avec sa vie, un appel lancé vers nous, avec l’urgence de dire et de ressentir. Il nous rappelle que les choses se jouent maintenant, que la vie n’est pas une pièce de théâtre, qu’il n’y a pas de repétitions, mais une seule représentation. 

Scène ouverte

A l’image du spectacle pensé par Denis Laujol comme une œuvre libératrice traversée par l’urgence de dire et de dénoncer, nous vous proposons de vivre un moment inédit. Le temps d’un après-midi, la scène du Théâtre Océan Nord vous sera offerte. Toutes les formes d’expression (théâtre, musique, chant, danse...) sont les bienvenues, sur le thème très large de la révolte, qu’elle soit en réponse à l’air du temps, politique, intime, métaphysique, triste ou gaie... Vous aussi, venez livrer une part de vous-même et goûter à quelques minutes de liberté d’expression, au milieu des comédiens du spectacle, du public associatif, scolaire, dans la fête et la bonne humeur mais aussi l’écoute et le respect de l’autre.

En pratique

A partir de 15h30, nous organisons 2 sessions de scène ouverte d’une durée de 1h30. A chaque participant (e) sont données 5 minutes pour dire, jouer, déclamer son cri de révolte, bref aller à l’essentiel ! Les comédiens de Mars rythmeront cet après-midi en se livrant eux aussi durant ces minutes de liberté, intercalés entre les autres participants.

Envie de participer ? Infos et inscriptions contact oceannord.org

Les images
La presse

Un accueil en Résidence au Théâtre Océan Nord
Avec l’aide du Ministère de la Communauté Française de Belgique, Service du Théâtre.

Nouvelles

Depuis le mois de mai dernier, le Théâtre Océan Nord est partenaire du label United Stages, une initiative de plusieurs acteurs du monde culturel belge (francophone et néerlandophone) qui s’engagent à mener des actions de solidarité au profit des demandeurs d’asile, des réfugiés et des sans-papiers. Par des récoltes de fonds, des opérations de sensibilisation de nos publics et des initiatives citoyennes, nous souhaitons utiliser toutes les forces vives des arts vivants pour porter un changement positif. C’est dans ce cadre que nous organisons, à l’occasion des représentations du spectacle Nos gestes quotidiens ne sont que déclarations d’amour enflamées, une RECOLTE DE FONDS au profit de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Nous proposons donc à nos spectateurs qui le souhaitent de payer leur entrée au spectacle à concurrence de 5, 10 ou 15 euros. Une urne à la billetterie vous permettra de déposer votre don. Merci pour votre générosité envers les plus démunis.

SAINT-NICOLAS viendra rencontrer les enfants du quartier le vendredi 8 décembre prochain. Pour connaître le programme complet de cette activité, cliquez-ici.

Les habitants du quartier se mobilisent pour notre théâtre !! Ils ont lancé une PÉTITION adressée au cabinet de la ministre Alda Greoli pour l’inviter à soutenir notre institution et ainsi préserver son rôle de cohésion sociale dans le quartier ! Vous voulez, vous aussi, signer cette pétition, cliquez-ici !.

Bravo à tous les gagnats des PRIX DE LA CRITIQUE 2017 et en particulier à Jasmina Douieb qui a remporté le prix de Meilleure mise en scène avec Taking Care of Baby.

  • Théâtre Océan Nord
  • Rue Vandeweyer 63
  • Schaerbeek
  • Bruxelles, 1030
  • Reservation: 02/2167555
  • Administration: 02/2429689
  • Tarif plein: 12 euros
  • Tarif réduit (chômeur, sénior): 7,5
  • Tarif hyper réduit : 5 euros
  • Participation à Article 27 et Arscène 50
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Le Théâtre Océan Nord est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles- Service du Théâtre. Il reçoit en outre l’aide de la COCOF - Service de la Culture

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