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"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

Saison: 2008 / 2009

La vie au bord du puits

Un projet de CANDY SAULNIER

Représentations du 4 au 15 novembre 2008


Une création de Candy Saulnier

Avec : Marie-Rose Meysman, Guilhem Maréchal, Candy Saulnier et Baptiste Vaes.

Collaboration artistique : Hélène Cordier

Chorégraphie : Armand van den Hamer

Scénographie : Satu Peltoniemi

Costumes : Patricia Eggerickx

Lumières : Julie Petit-Etienne

Assistanat : Antoine Plaisant

Régie : Nicolas Sanchez, Ronan Bethuel

Représentations à 20h30
Excepté les mercredis à 19h30 et lundi 10 à 15h
Relâche dimanche et lundi

- Le projet

La vie au bord du puits est le deuxième projet conçu par Candy Saulnier. Dey’O, son premier spectacle, a été créé au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles, en mars 2006. Ces deux créations s’inscrivent dans un théâtre multidisciplinaire, où les acteurs portent le spectacle de manière chorale, dans une polyphonie des voix et des corps. Sa recherche artistique puise dans le réel, et part du constat que la société moderne a rompu les liens qui unissaient, par nécessité, l’homme à sa communauté. Dans ces deux spectacles, elle questionne ce qui relie, aujourd’hui, le singulier au collectif. Dey’O s’est construit autour des pratiques rituelles du deuil et mettait en scène la perte de repères qui le caractérise aujourd’hui. Dans La vie au bord du puits, il est question du statut de la personne âgée, de son rapport à la mémoire et à la mort.

- Le texte : une écriture croisée : texte et chants

La vie au bord du puits est un projet de création basé sur le récit de vie d’une femme, ancienne agricultrice née en Bretagne, associé à l’histoire d’un conte populaire La fille aux bras coupés. A cette écriture croisée, viennent répondre les textes d’une riche tradition populaire chantée : celle de Haute- Bretagne , en France. Lors d’une série d’entretiens menés en 2006 et en 2007, Germaine Thomas, alors âgée de 82 ans, a remonté le fil de sa vie. Sa biographie évoque les difficiles conditions de vie des femmes au siècle dernier, dans la société
rurale.

J’ai travaillé c’est tout. Je ne vois pas ce que j’ai fait de plus. Mon grand-père et ma grand-mère allaient leur journée. Ils n’étaient pas riches, non. Ils travaillaient pour les autres et puis c’est tout. Ils allaient leurs journées comme ça, et sans être payés hein ! Ils ne payaient pas dans ce temps là. Travaille ! Mais tu n’es pas payé. C’était tout le monde comme ça. On vivait de l’air du temps !

En filigrane de ce portrait témoin de l’Histoire, on est touché par la part intime de cette existence et par ses secrets. Le conte de La fille aux bras coupés, réécrit sous forme de rêves, ainsi que les chants, apportent les parties « en creux » d’une parole fragmentée.

Le jour de nos noces, on a été à pied ! … Arrivé là, j’avais pas l’ droit au tapis pour monter dans l’église, j’avais pas le droit. Je n’avais pas le droit puisque j’avais fait une faute ! Je ne sais même plus si j’avais droit aux cloches ?... Ho si quand même. Et puis, ça c’est passé comme ça. Et t’en fais pas, ce n’est pas ça qui m’a empêché de vivre. Heureusement pour moi encore.

- Le spectacle et la mise en scène

Relier une histoire singulière à la mémoire collective.

Ce témoignage est réinterprété par une actrice, incarnant une femme qui, aux abords de la mort, engage, pour un public, la remémoration de sa vie. Entre confidences et silences désemparés, elle est accompagnée dans cette exploration du passé, par un mystérieux chœur, qui en écho à sa parole, porte les chants de son histoire. La narration du spectacle s’articule autour de fragments de jours et de nuits. A chaque aube, survient l’évocation d’un rêve que l’acte de parole a suscité. Le déroulement du récit se trouve alors suspendu, pour ouvrir sur l’imaginaire et l’espace inconscient du personnage.

Pour relier cette histoire singulière à la mémoire collective, et ainsi créer l’illusion d’une communauté passagère, la mise en scène privilégie un traitement musical et chorégraphique de l’ensemble. Une recherche d’arrangements polyphoniques des chants, d’origines monodiques et chantés a capella, donne corps aux voix du chœur.

Je vais vous dire une chanson/ C’est d’une fille et d’un garçon
C’est d’une fille d’Italie/ O grand dieux donc qu’elle est jolie
Un jour que sa mère la peignait/ Tous les soldats la regardaient
Elle n’était pas si tôt peignée/ Que les soldats l’on enlevée (…)
Le capitaine en la voyant (bis)
La voilà donc la jolie fille/ Depuis longtemps qu’ mon cœur désire (…)
Montez la donc dedans chambre/ Nous parlerons deux mots ensemble.

Auparavant de m’y monter/ Permettez moi donc de prier
De prier Dieu et Notre-dame/ De devenir comme la cane
La prière n’était pas achevée/ Que la cane s’est envolée
S’est envolée par la grande grille/ Jusqu’à l’étang de La Nosille
Il y avait là cinq cents soldats (bis)
Ils ont tirés cinq cents coups d’armes/ N’ont jamais pu tuer la cane (…)

(version de Madame Thérèse Voland de Haute-Bretagne)

D’un point de vue chorégraphique ; au moyen d’attitudes spécifiques, et d’une inscription précise et signifiante dans l’espace, les acteurs du choeur prennent les différents visages de la communauté : famille, voisins, personnel hospitalier, et surgissent librement, telles des apparitions. Leurs corps dansants « ressuscitent », par instants, une vitalité qui a quitté le corps fatigué de la femme. La scénographie concrétise les deux espaces du récit : celui du témoignage et du lieu de l’imaginaire du personnage. Les restes d’une chambre gisent sur le plateau, cernés par une étrange forêt lumineuse. Ce double espace permet également au spectateur, de voyager librement dans le temps, entre passé et présent.

Journée-Rencontre samedi 8 : La transmission dans nos cultures aujourd’hui

En marge des représentations du spectacle « La vie au bord du puits » de Candy Saulnier et en collaboration avec les participants de l’atelier "Récits d’origines"

14h : Présentation de la journée rencontre par Candy Saulnier
Introduction à l’exposition photographique « Terre ferme » en cours au théâtre, par Carine Dechaux, directrice du Centre Culturel de Rochefort.

14H30 : Table ronde sur le thème "La transmission dans nos cultures aujourd’hui". Les invités sont choisis pour leur implication dans la culture, la musique et les relations intergénérationnelles.

Modérateur du débat : Jean-François Simon, musicien, animateur au Musée Instrumental de Musique et intervenant socio-artistique dans des maisons de repos pour la Monnaie.

Gilbert Hervieux : musicien et président du Groupement Culturel Breton des Pays de Vilaine.

Fabienne Mabon : coordinatrice du Groupement Culturel de Pays de Vilaine

Olivier Thomas : Acteur, musicien, compositeur, initiateur du groupe « Tomassenko » et de la « Tomassenkorâl »

Sibel Dinçer : comédienne, musicienne et chanteuse d’origine turque

Jacqueline Daloze : animatrice de l’asbl : Histoire Collective

16h30 : pause

17h00 : Concert de chants traditionnels turcs avec le groupe de Sibel Dinçer : les « Gavur Gelinler ». Après le concert, le groupe propose une initiation au chant avev Sibel et à la danse avec Gilbert Hervieux.

18h30 : Pause et repas (sur réservation)

20h30 : Représentation : "La vie au bord du puits"

L’acces à la journée est gratuit.
Réservations : 02/216.75.55 info oceannord.org
Responsable : Anne D’hond contact oceannord.org

- Atelier CORPS IMAGINAIRES en marge des représentations de La vie au bord du puits

L’atelier Corps imaginaires est encadré par Candy Saunier. Il s’agit d’initier les participants au thème et au processus de création présent dans le spectacle. L’atelier suscite l’imaginaire du corps en constante métamorphose : s’imaginer 20 ans plus jeune ou plus vieux, avec une autre énergie, un autre rapport à l’espace et aux objets...

Atelier d’une durée de 2 heures le mardi 7/10 ou le jeudi 13/11 de 10h à 12h au Théâtre Océan Nord.

Infos et inscription : Anne D’hond contact oceannord.org ou 02/242.96.89

Les images
La presse

Un accueil en Résidence du Théâtre Océan Nord

Spectacle réalisé avec l’aide du Ministère de la Communauté française de
Belgique - Service du Théâtre ; La COCOF, Service du Théâtre, le Commissariat général aux Relations internationales (CGRI) ; et le soutien du Groupement Culturel Breton des Pays de Vilaine et du Canal-Théâtre du Pays de Redon.

Nouvelles

Depuis le mois de mai dernier, le Théâtre Océan Nord est partenaire du label United Stages, une initiative de plusieurs acteurs du monde culturel belge (francophone et néerlandophone) qui s’engagent à mener des actions de solidarité au profit des demandeurs d’asile, des réfugiés et des sans-papiers. Par des récoltes de fonds, des opérations de sensibilisation de nos publics et des initiatives citoyennes, nous souhaitons utiliser toutes les forces vives des arts vivants pour porter un changement positif. C’est dans ce cadre que nous organisons, à l’occasion des représentations du spectacle Nos gestes quotidiens ne sont que déclarations d’amour enflamées, une RECOLTE DE FONDS au profit de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Nous proposons donc à nos spectateurs qui le souhaitent de payer leur entrée au spectacle à concurrence de 5, 10 ou 15 euros. Une urne à la billetterie vous permettra de déposer votre don. Merci pour votre générosité envers les plus démunis.

Les habitants du quartier se mobilisent pour notre théâtre !! Ils ont lancé une PÉTITION adressée au cabinet de la ministre Alda Greoli pour l’inviter à soutenir notre institution et ainsi préserver son rôle de cohésion sociale dans le quartier ! Vous voulez, vous aussi, signer cette pétition, cliquez-ici !.

Bravo à tous les gagnats des PRIX DE LA CRITIQUE 2017 et en particulier à Jasmina Douieb qui a remporté le prix de Meilleure mise en scène avec Taking Care of Baby.

Isabelle Pousseur était, cet été, l’invitée de David Courier sur BX1 dans son émission COURRIER RECOMMANDE. Découvrez la vidéo ici.

MAGIC KIDS était de retour cet été du 10 au 14 juillet avec un stage de théâtre et vidéo pour les enfants de 6 à 13 ans. Cliquez-ici pour découvrir la vidéo réalisée avec et par les enfants durant cette semaine de stage.

  • Théâtre Océan Nord
  • Rue Vandeweyer 63
  • Schaerbeek
  • Bruxelles, 1030
  • Reservation: 02/2167555
  • Administration: 02/2429689
  • Tarif plein: 12 euros
  • Tarif réduit (chômeur, sénior): 7,5
  • Tarif hyper réduit : 5 euros
  • Participation à Article 27 et Arscène 50
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Le Théâtre Océan Nord est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles- Service du Théâtre. Il reçoit en outre l’aide de la COCOF - Service de la Culture

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