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"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

Saison: 2010 / 2011

L’Institut Benjamenta

Création

D’après le roman de Robert Walser

Mise en scène : Nicolas Luçon

Un projet de Ad Hominem asbl

22/03 > 02/04 2011


Représentations à 20h30
Excepté les mercredis à 19h30
Relâche dimanche et lundi

Mise en scène : Nicolas Luçon, Assistanat à la mise en scène : Julien Jaillot, Aide à la dramaturgie : Denis Laujol, Scénographie : Stéphane Arcas, Costumes : Claire Farah, Lumières : Matthieu Ferry, Avec : Stéphane Arcas, Sébastien Fayard, Julien Jaillot, Denis Laujol, Nathalie Mellinger, Benoît Piret, Lotfi Yahya Jedidi, Crédit visuel : Ad Hominem asbl.

Adapté de la traduction de Marthe Robert

L’Institut Benjamenta : le roman

Simon Tanner, dans Les enfants Tanner (Robert Walser – 1907), ne faisait que raser les murs et passer par des trous. Il ne voulait prendre sa forme définitive que le plus tard possible. Jacob, dans L’Institut Benjamenta (1909), pousse la logique encore plus loin : n’ayant, en définitive aucun but pour lui-même, il désire n’être plus qu’un beau zéro tout rond, ne plus servir que les intérêts d’autrui et s’annuler au profit du service. Se soumettre au règlement rigide de l’Institut, c’est une façon, pour lui, de retrouver un accès paradoxal vers une vie non encore étouffée par la possession et par la contrainte. Je ne peux respirer que dans les régions inférieures dit Jacob, et de fait, cela fait partie de son programme de caméléon : se fondre dans l’insignifiance ; redevenir anonyme et sans apparence, comme Kraus, son condisciple ; glisser d’une marginalité visible à une marginalité invisible.

On peut même dire que l’Institut s’avère pour lui le lieu idéal, le lieu rêvé ; les injonctions du règlement sont-elles absolument vides de sens ? Après tout, tant mieux : une loi vide, arbitraire, est toujours moins écrasante qu’une loi mûrie, pensée et chargée de pertinence morale. Ses condisciples sont-ils frappés d’imbécilité, ou, comme il le dit lui-même : franchement mal partagés ? Après tout, tant mieux : quitte à obéir, autant le faire le plus innocemment possible. Être innocent, c’est se délivrer de l’esclavage intime de sa propre conscience. L’Institut n’offre-t-il à Jacob aucune sorte de débouchés ? Après tout, tant mieux : il ne sera pas obligé d’arriver quelque part. La vie pourra se suspendre en un pur présent incompréhensible, en une attente ouverte et contemplative, en un long rêve giratoire, placé hors du cours du temps et des évènements…

Le mot du metteur en scène

C’est la deuxième fois que j’en viens à cet auteur (création au Théâtre Océan Nord de Blanche-neige , 2006). Et c’est vrai, même si c’est bête à dire, que je me sens « lié » à son œuvre, encore requis par elle.
J’aime ses personnages. J’aime leur naïveté, leur singularité désarmante, le regard espiègle et candide qu’ils portent sur le monde, parce que c’est un regard qui l’allège, qui l’enchante et qui l’innocente. J’aime leur décalage, leur inaptitude à faire de leur propre vie un fond utilisable. J’ai l’impression de les comprendre.
Je comprends la tentation qu’a Jacob, dans L’Institut Benjamenta, de s’annuler, de disparaître, de se fondre dans la masse. Je comprends sa tentation de se délivrer de toute responsabilité, comme le tentent aussi Les Idiots de Lars van Trier. Je comprends ses révoltes lorsqu’il se revendique... Et je comprends aussi lorsque, soudain, il préfère s’oublier, s’effacer, lorsqu’il veut faire cette expérience impossible de n’être rien.

J’aime même cet Institut au règlement absurde, parce que son absurdité a l’honnêteté de s’afficher au grand jour. Parce que, malgré ses uniformes imposés, et sa volonté avouée d’uniformiser, il devient le refuge – pour ne pas dire le temple – de tous ceux qui n’ont pas su s’utiliser eux-mêmes, de tous les cancres qui n’ont pas su faire un usage profitable de leur existence.
Mon intention, dans son fond, n’est pas très compliquée : continuer d’approcher l’œuvre de cet auteur, de l’explorer et de la partager, parce que je la trouve belle et essentielle.

Nicolas Luçon

Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’Institut Benjamenta, nous n’arriverons jamais à rien, c’est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes. L’enseignement qui nous est donné consiste principalement à nous inculquer l’obéissance et la patience, deux qualités qui promettent peu de succès, voire pas du tout. Des succès intérieurs, peut-être. Mais quel profit tire-t-on de ceux-là ? Les succès intérieurs vous donne-t-il à manger ? Je ne pense pas. Tout ce que je sais, c’est que je serai bientôt un ravissant zéro tout rond. Il me faudra servir de jeunes rustres sûrs d’eux-mêmes et mal élevés, ou bien j’irai mendier, ou bien je périrai.

Projet Anim’action

Le Lycée Emile Max à Schaerbeek et les artistes de L’Institut Benjamenta collaboreront dans la cadre d’un projet Anim’action initié par la Commission communautaire française. Ce projet donnera lieu à une présentation publique lors de la Journée-Rencontre organisée en marge de la mise en scène de Nicolas Luçon.

Professeur responsable : Martine Mabille.
Animatrice Océan Nord : Guillemette Laurent.

Représentations hors Théâtre Océan Nord

Les lundi 14 et mardi 15 mars à 20h à la Maison de la Culture de Tournai.

http://www.maisonculturetournai.com/fr/details/index.aspx?id=50&CAT=0

Les vendredi 18 mars (19 h) et samedi 19 mars 2011 (21 h) à LA ROSE DES VENTS - Grande Salle.

http://www.larosedesvents-scenenationale.com/

Les images
La presse

Nouvelles

Depuis le mois de mai dernier, le Théâtre Océan Nord est partenaire du label United Stages, une initiative de plusieurs acteurs du monde culturel belge (francophone et néerlandophone) qui s’engagent à mener des actions de solidarité au profit des demandeurs d’asile, des réfugiés et des sans-papiers. Par des récoltes de fonds, des opérations de sensibilisation de nos publics et des initiatives citoyennes, nous souhaitons utiliser toutes les forces vives des arts vivants pour porter un changement positif. C’est dans ce cadre que nous organisons, à l’occasion des représentations du spectacle Nos gestes quotidiens ne sont que déclarations d’amour enflamées, une RECOLTE DE FONDS au profit de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Nous proposons donc à nos spectateurs qui le souhaitent de payer leur entrée au spectacle à concurrence de 5, 10 ou 15 euros. Une urne à la billetterie vous permettra de déposer votre don. Merci pour votre générosité envers les plus démunis.

Les habitants du quartier se mobilisent pour notre théâtre !! Ils ont lancé une PÉTITION adressée au cabinet de la ministre Alda Greoli pour l’inviter à soutenir notre institution et ainsi préserver son rôle de cohésion sociale dans le quartier ! Vous voulez, vous aussi, signer cette pétition, cliquez-ici !.

Bravo à tous les gagnats des PRIX DE LA CRITIQUE 2017 et en particulier à Jasmina Douieb qui a remporté le prix de Meilleure mise en scène avec Taking Care of Baby.

Isabelle Pousseur était, cet été, l’invitée de David Courier sur BX1 dans son émission COURRIER RECOMMANDE. Découvrez la vidéo ici.

MAGIC KIDS était de retour cet été du 10 au 14 juillet avec un stage de théâtre et vidéo pour les enfants de 6 à 13 ans. Cliquez-ici pour découvrir la vidéo réalisée avec et par les enfants durant cette semaine de stage.

  • Théâtre Océan Nord
  • Rue Vandeweyer 63
  • Schaerbeek
  • Bruxelles, 1030
  • Reservation: 02/2167555
  • Administration: 02/2429689
  • Tarif plein: 12 euros
  • Tarif réduit (chômeur, sénior): 7,5
  • Tarif hyper réduit : 5 euros
  • Participation à Article 27 et Arscène 50
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Le Théâtre Océan Nord est subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles- Service du Théâtre. Il reçoit en outre l’aide de la COCOF - Service de la Culture

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