Je pense que le théâtre est l’art de se confronter à l’altérité et aux risques qu’elle implique nécessairement - Koffi Kwahulé

Je pense que le théâtre est l’art de se confronter à l’altérité et aux risques qu’elle implique nécessairement - Koffi Kwahulé

La place

Laure Lapel

Résidences : 28/09 >3/10/2020 & 28/12/2020> 3/01/2021

Blight, John Smith, 1996

Le bistrot du coin a fermé et les arbres ont été arrachés.

Thierry et Karim cherchent leur place. Les modifications rapides et
violentes que traverse le quartier perturbent leurs repères.

Partant d’entretiens enregistrés, deux jeunes comédiennes interprètent ces vieux chômeurs célibataires, alcooliques et autodidactes.

L’un dit être un arbre, l’autre Robin des Bois. Leur parole et le regard
d’autrui sont leurs seules armes de résistance.

Pendant ce temps, un personnage muet explore les vestiges de
l’espace de jeu. Un lieu qui s’effrite et dont la mémoire s’efface.

“Je m’arrête sur trois rencontres (Thierry, Karim et Pierre) qui ont résonné en moi de manière particulière, et qui sont motrices pour un passage au plateau sur trois aspects. Le premier est que ces personnes s’introduisent elles-mêmes comme des personnages, leurs histoires me fascinent et en deviennent mythiques. Le deuxième est que je porte un point de vue contradictoire sur eux et que je souhaite le partager. Le troisième est le potentiel littéraire et stylistique qui se dégage de leur parole.

Il y a pour moi comme une évidence à partir de ces trois personnages, un équilibre, une trinité : ils offrent trois façons d’être au quartier comme trois façons d’être au monde. D’ailleurs, pour eux, le monde c’est la place. 

Bien qu’isolés, ces trois points de vue se frottent, relativisent ou entrent en écho les uns avec les autres. Je tiens selon moi des personnages mythiques et légendaires, en lutte et en re-conquête d’une justice, d’un espace, de liens solides, au moment où tout cela s’effrite.”

Je dirais que ce qui m’importe c’est la sécurité
que je me sente à l’abris
quand je veux m’isoler du monde
La vue je m’en fous un peu
Quoiqu’en ce moment c’est un peu particulier
parce que l’immeuble en face est en travaux
ce qui fait que le bâtiment est recouvert de bâches
et dès qu’il y a un peu de vent
les bâches s’envolent quoi
T’as déjà eu ça toi ?
Une vue bâchée.

Karim

Avec Yasmina Al-Assi, Zenabou Mbamba, Zoé Sjollema
Conception et mise en scène Laure Lapel
Aide à l’écriture et dramaturgie Jérôme Michez – Création sonore Louison Assié, Laure Lapel – Lumière Jonathan Kibani – Scénographie Nathalie Moisan– Aide à la production Laetitia Neri-Miranda

Avec le soutien du Fond Marie-Paule Delvaud Godenne, le Théâtre des Doms, le Théâtre le Boson, la Fabrique, Théâtre Océan Nord.