"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

"Notre tâche (ou bien tout le reste sera pure statistique et affaire d’ordinateur) est de travailler à la différence." Heiner Müller

Et je voulais ramper hors de ma peau

Valentine Gérard et Francine Landrin

Résidence : 25 > 30/11/19 et  09 > 21/12/19

Présentation au Festival de Liège © Dominique Houcman / goldo

La sorcière surgit au crépuscule,alors que tout semble perdu. Elle est celle qui parvient à trouver des réserves d’espoir au cœur du désespoir.

Star Hawk

Deux « sorcières » d’aujourd’hui, survivantes, résistantes sont sur scène.
Elles tentent de se réapproprier l’Histoire.
Quelle est cette force qui semble inscrite dans l’ADN de l’Humanité, qui nous pousse à chercher des « au-delà » à nous-même, à transcender notre condition profane, à ouvrir un ailleurs à nos vies ?
Dans leur grotte, leur désert, l’immensité du ciel, elles manigancent…
Hasardeusement, s’aventurent dans le temps…les lieux…les êtres…les âmes…les corps d’autres femmes avant elles.
Sortir de sa vie, s’éclipser…
Partir à la recherche de « ce qui n’a pas de prix »,
Comment un théâtre – à l’orée du Sensible, de la chair et du Penser – permet à cette quête de s’exprimer ?

Notre démarche part du questionnement et du cheminement de deux comédiennes. Elle interroge le besoin de se transformer, de sortir de soi, de sa tête, de sa vie, de son corps. Du besoin de s’évader, de se créer des bulles d’airs, des « ailleurs », de s’extraire de ses limites – imposées ou quotidiennes -, de transgresser, d’atteindre d’autres états, de changer le présent. Dans des vies de plus en plus planifiées/normées/rentabilisées, peut-être éprouvons-nous tous ce désir de parfois ramper hors de sa peau, s’éclipser de son quotidien d’une façon ou d’une autre. Dans des sociétés en panne de sacré, où le Sensible est nié par notre civilisation, le manque de quelque chose, le besoin d’autre chose se fait sentir et « fuite » de différentes façons…
Nous cherchons par où, comment ouvrir des voies qui permettent aux humains d’aujourd’hui d’échapper à ce monde, progressivement vidé de sa valeur, son essence en les englobant dans une vision machiniste qui les réduit de plus en plus.

On cherche quelque chose que nous n’allons pas pouvoir saisir…et s’il s’agit de la Beauté, pas plus que l’éclair elle ne se laisse assujettir.

Annie Le Brun

Comment nous a-t-on séparé de ce qui nous manque tant?

Par l’acteur et son art de la transformation, nous interrogeons la figure de la sorcière – au sens historique et au sens de ses re-visitations actuelles – ainsi que « l’invention de l’hystérie » au XIXe, pour aboutir aux « maladies de l’âme » de notre présent (la dépression, l’addiction, la bipolarité). Ces manifestations montrent que le corps de la femme et ses représentations constituent toujours un enjeu sociétal qui structure nos façons d’agir et de penser selon des dictats issus du patriarcat.
Francine Landrain et Valentine Gérard

Initiatrice du projet Francine Landrain et Valentine Gérard Conception / écriture / mise en scène Francine Landrain et Valentine Gérard – Acteurs Francine Landrain, Valentine Gérard – Création musicale Jean-Pierre Urbano – Scénographie et photographie Estelle Rullier – Œils extérieurs Isabelle Urbain, Estelle Rullier, Stéphane Arcas, Jacques Delcuvellerie, Fabrice Adde, Pierre Etienne dit Pavé – Dramaturgie Marie-France Collard – Accompanement Edith Betholet  

Soutiens Groupov, Festival de Liège, Chaufferie Act1, Arsenic, FWB, Théâtre de l’Ancre.